Plein feux sur l’Arctique

Du 7 au 11 décembre 2015 se tenait à Vancouver la 11ème édition d’ArcticNet. En parallèle de la COP21, ce sommet scientifique annuel a réuni des chercheurs, des étudiants, des décisionnaires afin de discuter des enjeux et des priorités liés aux impacts du changement climatique et des effets de la modernisation en Arctique.

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Les participants ont ainsi pu partager les derniers résultats de leur recherche dans tous les domaines concernant l’Arctique. Une délégation française était présente dans le cadre du Chantier Arctique, dont le chef de mission du CNRS Johan Etourneau faisait partie.
Dans le cadre de sa visite, il s’est entretenu sur les ondes d’ICI Radio-Canada, dans l’émission Midi Express. A (ré)écouter ici.

Les enjeux de l’Arctique

Les projets d’exploitation de la région ainsi que les impacts du changement climatique deux fois plus marqués dans cette zone que dans le reste du monde font de l’Arctique l’une des régions les plus instables du globe. La fonte de la banquise (glace sur mer) et de la calotte glaciaire (glace sur terre) perdent à la fois en épaisseur et surface, et perturbent les courants marins et la salinité de l’eau. D’autre part, cette fonte des glaces libère du méthane, capturé depuis des millénaires dans les glaces, et qui s’avère être un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2.

Avec le recul des glaces, l’appétence pour le développement d’exploitations minières et forestières s’accroît, l’Arctique apparaissant comme un nouvel eldorado économique. La société géologique américaine estime que 22 % des réserves mondiales mondiales non découvertes et techniquement atteignables se trouvent au nord du Cercle polaire.

De nouvelles routes maritimes se sont d’autre part dessinées dans le cercle polaire, en l’occurrence le Passage Nord-Ouest et la route Nord-Est. Le trafic sur la route du Nord-Est qui longe la Sibérie et permet de contourner l’Asie a en effet été multiplié par 23 ces 4 dernière années. Le Canada possède la majorité des eaux territoriales sur le Passage du Nord-Ouest qui permet de contourner l’Amérique et l’enjeu de l’internationalisation et de la sécurisation de ces eaux se pose.

Renforcer la coopération, un enjeu de taille

La recherche sur l’Arctique est l’une de priorités définies par le Programme de Coopération Renforcée convenu lors de la rencontre entre le Premier Ministre canadien
et le Président de la République française en juin 2013. Cette priorité s’inscrit
également dans une démarche globale de l’action de la France pour la recherche en
Arctique. Il s’agit donc d’encourager la création ou la poursuite des projets collaboratifs de recherche, toutes disciplines confondues, impliquant la participation d’entités françaises représentées au sein du Chantier Arctique (consortium regroupant ministères (MAEDI, MENESR) et organismes / agences / établissements de Recherche (CNRS, CNES, CEA, Ifremer, BRGM, IPEV et Météo France).

Le Réseau des Centres d’Excellence Arcticnet regroupe, depuis 2004, les équipes canadiennes de recherche en Arctique, majoritairement universitaires. Arcticnet, après deux mandats de 7 ans, verra son activité cesser en 2018. Toutefois, la communauté universitaire de recherche en Arctique s’organise pour maintenir un réseau cohérent et actif après cette date.

Pour aller plus loin
Le Conseil Arctique, créé en 1996 et principal organe de décision, compte parmi ses membres permanents les cinq Etat côtiers (Etats-Unis, Russie, Norvège, Danemark, Canada), ainsi que l’Islande, la Finlande et la Suède, présents au-delà du Cercle polaire, mais disposant d’un moindre poids. Ce même Conseil Arctique accorde également à des pays tels que l’Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni, la France, l’Inde ou le Japon le statut "d’Etat observateur", qui peuvent assister aux réunions sans droit de parole.

Dernière modification : 07/01/2016

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